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Aux alentours du congrès de Tours 1914-1924

Il y a maintenant cent ans, le 25 décembre 1920 s’ouvrait à Tours, le XVIIIe congrès de la Section Française de l’Internationale Ouvrière. La majorité des délégué.e.s décidait que leur parti devait adhérer à l’Internationale Communiste créée un an plus tôt à Moscou.
Il s’agissait donc de donner naissance à la Section Française de l’Internationale Communiste qui prit peu de temps après le nom de Parti communiste. Mais cette décision très majoritaire ne fondait pas seulement un Parti communiste, elle divisait en deux le socialisme en France car se maintenait aussi un Parti socialiste. Cette scission irrémédiable et définitive de la gauche politique et du mouvement ouvrier en France allait marquer l’histoire du XXe siècle.
Pourquoi narrer cette histoire vieille de cent ans ? Qu’a-t-elle encore à nous dire ? Qu’a-t-elle à dire aux plus jeunes générations ? Nation et internationalisme, réforme et révolution, rapports entre élus et militants, relation entre dirigeants et dirigés mais aussi forme et fonctionnement du Parti, liens entre partis et syndicats... Ces questionnements qui taraudent celles et ceux qui, à gauche, veulent changer le monde se sont posés avant même le Congrès de Tours et continuent de se poser.
Nous n’apporterons pas de réponses politiques à ces débats, seulement des éléments de repères historiques et historiographiques dans une forme accessible à tous par des textes courts agrémentés d’une riche iconographie. Les images de « l’événement congrès de Tours » pourtant peu nombreuses, souvent connues, se retrouveront tout au long de cette exposition. Nous rappellerons que des femmes et des hommes ont été actrices et acteurs de cette histoire dans le contexte singulier de la Première guerre mondiale et des révolutions russes.
Nous souhaitons donner à voir bien plus qu’un événement franco-français mais un processus d’histoire sociale, d’histoire des décisions politiques du national à l’international éclairé par une histoire par « le bas ».
Le congrès de Tours, au centre de notre réflexion est également au cœur d’une décennie d’histoire qui va de 1914 à 1924. Cette décennie de fureurs, de passions, de sang et de larmes mais aussi de générosité et de solidarité, d’espoirs et d’engagements commence avec l’assassinat de Jaurès et finit avec son entrée au Panthéon. Plus que symbolique, le premier événement met en évidence l’incapacité du mouvement ouvrier international après la mort du dirigeant socialiste à empêcher la déflagration mondiale. À l’autre bout, Jaurès reconnu par la nation devient un enjeu d’affrontements entre communistes et socialistes à l’occasion de la cérémonie de transport de sa dépouille.
La décennie commença par la déclaration de guerre et l’embrasement généralisé et se termina par le début de la bolchévisation qui vit le Parti communiste né à Tours se transformer sur le modèle soviétique et donner naissance en réalité à un nouveau parti. Un nouveau parti prisonnier des affrontements au sein du parti communiste russe, un parti nouveau en voie de stalinisation mais qui engagea aussi une transformation sociologique inédite dans le champ politique français en ouvrant sa direction et son encadrement aux ouvriers et aux catégories populaires. 1914, ce fut aussi la première expérience de participation gouvernementale du parti socialiste dans le cadre de l’Union sacrée ; 1924 ce fut le soutien du Parti socialiste maintenu au gouvernement du Cartel des gauches. Une décennie donc d’une extrême richesse où ses actrices et acteurs durent faire des choix fondamentaux.
Le cheminement que nous vous proposons est donc chronologique. D’abord les premières années de guerre durant lesquelles le mouvement ouvrier désemparé a fait majoritairement le choix de contribuer à l’effort de guerre ; puis à partir de l’année 1917, la poussée des oppositions à une guerre toujours plus meurtrière et alors qu’en Russie, une révolution donnait un espoir aux militants ; le congrès de Tours lui-même et enfin ses prolongements jusqu’en 1924.
Nous vous proposons de refaire ce chemin avec nous.

Enregistrements sonores d’extraits de discours du congrès de Tours

Jean Longuet

Marcel Cachin, lu par Daniel Hertzog-Cachin, son petit fils

Clara Zetkin

Lucie Colliard

Paul Vaillant Couturier

Léon Blum

Nguyen Ai Quoc



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